Une nouvelle étape pour le groupe miroir du RESF
19 avril 2008 – 19:04Le groupe miroir vient d’accomplir une première étape de travail avec la publication de La Chasse aux enfants, et les présentations et meetings, réunions, qui commencent déjà à se dérouler autour de cet outil que nous avons produit pour et par la cause qui nous est commune. Pour poursuivre dans ce sens-là, nous invitons tous les amis de RESF, comités locaux, etc., à se servir de cet outil par tous les moyens qu’ils trouvent nécessaires, et aussi pour organiser des réunions de discussion et présentation du livre (droits d’auteurs entièrement reversés à RESF).
Voici quelques pistes pour la suite du travail du groupe : 1) le groupe RESF miroir demande à tous ceux et celles qui seront intéressés, de produire ou de recueillir des témoignages du phénomène que nous avons appelé l’effet miroir, c’est-à-dire les conséquences morbides, pour la société française (effet indirect donc), de la brutalité exercée contre les sans-papiers et ses enfants. Nous visons la production d’une archive ayant comme vocation de devenir la base de données pour un travail de recherche sur ces sujets. En effet, nous considérons que notre enquête et notre livre constituent le premier pas seulement de ce travail autour du lien social. Ce travail doit se poursuivre et s’approfondir ; 2) autour de l’enquête sur l’effet miroir, se sont dégagées une série de pistes et d’hypothèses théoriques et pratiques sur la question aujourd’hui si centrale de la construction de nouveaux modes d’engagement, pour assumer les graves problèmes que nos sociétés affrontent. L’effet miroir nous montre que, contrairement à ce que l’on a tendance à croire, il n’existe aucune frontière réelle entre la petite histoire, histoire personnelle, et ladite grande histoire, histoire sociale. Dit autrement : nous sommes tous, toujours, touchés par ce qui se passe dans nos sociétés.
Le groupe miroir de RESF veut continuer à travailler avec ces hypothèses. Notre travail sera, comme il le fut pendant toute cette année, théorique et pratique à la fois. Et nous désirons être un des moteurs qui permettront le développement de ces nouvelles formes d’engagement dans notre société.
La soirée du 11 avril 08 en vidéo
12 avril 2008 – 22:23“Le traumatisme des enfants expulsés”, dans Témoignage chrétien
11 avril 2008 – 19:14Dans son édition du 10 avril, l’hebdomadaire Témoignage chrétien consacre un dossier de 5 pages au traumatisme des enfants de sans-papiers expulsés.
L’effet miroir des expulsions
En 2006, le psychanalyste Miguel Benasayag, engagé auprès du Réseau éducation sans frontières, a initié une enquête sur l’effet-miroir des expulsions d’enfants sans-papiers : au-delà des situations personnelles, qu’est ce que ces actes engagent pour notre société ? Cette enquête a donné lieu à un livre qui sorte cette semaine, La Chasse aux enfants (La Découverte), dont Témoignage chrétien publie des extraits.
Miguel Benasayag : « Le sens profond de l’effet miroir est que, de façon générale, ce qui arrive à certains membres de la société concerne tout le monde. C’est pourquoi, dès lors qu’il devient conscient, l’effet miroir implique que ce qui arrive à d’autres soit perçu comme quelque chose qui n’arrive pas qu’aux autres, mais aussi à soi. On se sent « concerné » et c’est alors que les représentations sont susceptibles de changer (ce changement est cependant loin d’être systématique). Car là où on avait tendance à croire que les autres étaient « autres », séparés de soi, voilà que l’on découvre que l’on partage une réalité commune. Et c’est précisément cette réalité commune qui nous engage ; nul n’est bien sûr « forcé » de s’engager, mais si on le fait, cela aura été par une sorte de glissement existentiel. La naissance et la propagation de RESF manifeste, pour la plupart de ses membres, ce moment d’émergence. »
Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France, auteur de la préface :
« J’ai le sentiment qu’on nous prive de l’une des composantes essentielles de notre attachement à ce pays qui est le nôtre. Car à la différence des nations qui ont fondé leur civisme sur le droit du sang, le droit du sol a fait de la France cette terre d’accueil tolérante.
En régularisant la majorité de ceux qui ont dû emprunter des voies irrégulières pour s’installer, mais qui ont fait preuve de leur insertion dans notre économie, en leur permettant d’affermir leur foyer en faisant venir leur famille, en les autorisant surtout à circuler librement entre la France et leur pays d’origine (voir l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme), nous donnerions à nos voisins européens, souvent intimidés par des mouvements migratoires auxquels ils sont moins habitués que nous, le seul exemple acceptable pour une politique européenne compatible avec les principes fondateurs de l’Union. »
Aline, mère de famille à Paris, membre de RESF : « Le 20 mars 2007, nous avons réagi collectivement à la tentative d’arrestation d’un monsieur, grand-père d’un enfant scolarisé à l’école maternelle située impasse Pivert, dans le café situé au croisement des deux rues où se trouvent les quatre écoles de notre groupe scolaire. Les policiers étaient nombreux, ils avaient des chiens. Il était 16 h 30, heure de la sortie des classes ».
Une mère sans-papiers : « Ma fille s’est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment, en pleine arrestation policière,: avec les policiers en lutte contre les parents, les voitures, les chiens (qui l’ont beaucoup impressionnée), les cris ; elle a respiré les gaz lacrymogènes. Elle était choquée, ne pouvait plus s’arrêter de pleurer. Elle a été recueillie par la directrice de l’école maternelle. Le soir, elle n’a plus pleuré, elle m’a raconté qu’elle croyait que c’était la guerre, a eu très peur, sans comprendre ce qui se passait, elle s’est sentie en danger. J’ai dû lui expliquer, la rassurer, mais elle s’inquiétait encore sur un point : avions-nous des papiers ? Elle m’a posé cette question une quinzaine de fois »
Ce numéro de Témoignage chrétien sera en vente deux semaines, du 10 au 23 avril.
La liste des points de vente en France est disponible sur le site :
www.trouverlapresse.com
l’Humanité - La Chasse aux Enfants
11 avril 2008 – 19:03Il y a une double page dans l’Humanité à l’occasion de la sortie de La Chasse aux enfants
Bonne lecture
Invitation
21 mars 2008 – 11:24Les éditions La Découverte, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF)
et le Théâtre National de la Colline ont le plaisir de vous inviter à la présentation de l’ouvrage
La Chasse aux enfants, co-écrit par Miguel Benasayag, Angélique del Rey
et des militants du RESF
vendredi 11 avril 2008 à 20h30
au Théâtre National de la Colline
15 rue Malte-Brun
Paris 20e
Fruit d’une enquête nationale et nourri de nombreux témoignages, ce livre montre que la politique
discriminatoire visant les enfants de famille sans papiers scolarisés en France a des effets
sur la société française dans son entier, et plus particulièrement sur ses enfants.
Il défend l’hypothèse selon laquelle, au-delà de la conscience de chacun, l’engagement
au nom de la solidarité relève donc de la possibilité matérielle de vivre ensemble.
En présence de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, Pierre Cordelier (RESF),
François Gèze (directeur des éditions La Découverte), Stéphane Hessel (Ambassadeur de France)
et les membres du groupe RESF miroir.
Avec la prestation du slameur Julien Delmaire.
Entrée libre, dans la limite des places disponibles, réservation indispensable au 01 44 62 52 00
La Chasse aux Enfants
21 mars 2008 – 11:23Les questionnaires sont en ligne
4 octobre 2007 – 13:15Vous pouvez maintenant remplir les Questionnaires directement en ligne.
NOTRE SOCIETE PEUT-ELLE SORTIR INDEMNE?
27 septembre 2007 – 21:49Alerte lancée, à l’initiative du philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag, par des professionnels de la santé de l’enfant et de l’adolescent, des enseignants, des parents et des citoyens engagés dans le combat quotidien du Réseau Education Sans Frontières (RESF).
Sans minimiser les dommages évidents subis par les victimes directes de la chasse aux étrangers en situation irrégulière, il s’agit ici de reconnaître que la politique discriminatoire dont ils sont l’objet a des conséquences beaucoup plus larges qu’il n’y paraît, puisque c’est la société toute entière qui est traumatisée quand elle est amputée de certains de ses membres. Et ceci, quelle que soit la conscience que chacun puisse en avoir.
La métaphore de la pollution illustre bien la situation d’une société touchée par la violence faite à certaines de ses composantes : tout le monde respire le même air pollué, seuls certains manifestent des symptômes, mais tous sont atteints.
Nous faisons l’hypothèse que quand des enseignants, des responsables d’établissements ou des parents s’opposent ouvertement aux agents de la force publique qui procèdent aux arrestations ou aux expulsions, quand l’autorité scolaire ou parentale contredit une autorité censée assurer la sécurité de tous, quand les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité sont bafouées au nom d’une certaine conception de la tranquillité sociale, la perception par les jeunes de telles contradictions a inévitablement des conséquences psychologiques.
Tout le monde s’accorde en effet sur le fait que la constitution psychique de l’enfant se réalise par projection mutuelle dans les espaces transitionnels que sont l’école, la maison, le square … De ce fait, l’enfant ne peut pas ne pas être touché par l’attaque de cet espace transitionnel. De plus, puisque la situation de migrant est depuis toujours une réalité humaine - les enfants sont migrants sans en avoir fait le choix - les violences qui leur sont faites sont des atteintes à ce qu’ils sont et non à ce qu’ils font, et provoquent à ce titre des traumatismes non métabolisables.
C’est donc en partant de l’hypothèse que la confrontation de l’individu à de telles violences souterraines est inévitablement offensive, que nous lançons cette alerte. Compte tenu de la modestie de nos moyens, l’enjeu en est avant tout politique.
D’ailleurs, un aspect de l’alerte pourra consister en la simple confrontation des répondants, via le questionnaire, à des questions auxquelles ils n’auraient pas réfléchi jusque-là. Nous ne visons pas une exploitation statistique, au sens strict, des résultats de l’étude, mais un approfondissement qualitatif de la question. Nous distinguons trois terrains d’enquête concentriques : celui des établissements qui accueillent ou ont accueilli des enfants de parents arrêtés ou expulsés ; celui des établissements qui accueillent des enfants de familles « sans papiers » (ou qui, par le jeu du voisinage, notamment, sont très sensibilisés à cette question) ; et celui des établissements qui seraient restés extérieurs au problème.
Nous avons fait le choix de nous intéresser aux enfants et aux adolescents à travers trois questionnaires adressés respectivement à leurs parents, à leurs enseignants, ou aux jeunes eux-mêmes.
Nous souhaitons aboutir à une publication qui tirera une sonnette d’alarme. De taille modeste, de 140 à 180 pages, elle comportera une partie historique décrivant la genèse du projet et son déroulement, et une partie plus professionnelle présentant le cadre de l’enquête et en rassemblant les conclusions.
Il faut que la question cruciale qui est posée ici atteigne le plus grand nombre possible de nos concitoyens. Nous vous demandons de remplir vous-même un questionnaire (si l’un d’eux vous concerne) de contribuer à la diffusion la plus large possible de l’enquête, dans vos cercles amicaux, vos associations, vos milieux professionnels, vos syndicats, ou vos partis politiques, chacun choisissant le mode de diffusion qui lui conviendra le mieux, à titre personnel ou au titre de son appartenance.
Nous souhaitons que l’ensemble des opérations de diffusion et de collecte en retour des questionnaires remplis soit terminé avant le 1er décembre 2007.
Pour toute information sur les étapes antérieures du travail et pour télécharger les questionnaires : http://www.resfmiroir.org/?page_id=20
En lien sur http://www.educationsansfrontieres.org/
Pour joindre des membres du groupe de travail : contact@resfmiroir.org
Pour s’abonner à la liste de discussion RESFMiroir, adresse resfmiroir@rezo.net, une centaine de personnes à l’heure actuelle, en faire la demande à la page :
http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resfmiroir
Pour le retour des questionnaires remplis
Par mail contact@resfmiroir.org ou odkoutey@free.fr
Par courrier postal RESF Miroir, 8 impasse Crozatier, 75012 Paris
« Notre société peut-elle sortir indemne de l’expulsion d’enfants sans papiers ? »
17 juillet 2007 – 19:29dont le lancement à grande échelle est prévu en septembre prochain. (Voir dans la rubrique “Pages”, dans la colonne de droite).
Nous espérons qu’il vous sera possible de contribuer à une large diffusion de cette enquête, à titre personnel, ou en sollicitant les associations dont vous pouvez être membres, particulièrement celles qui sont constitutives du RESF.
D’avance merci à tous et bonnes vacances.

